Nous sommes une unité de recherche en Immunologie, affiliée au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et à l’Université de Bordeaux. Nos programmes de recherche s’intéressent au système immunitaire en situation physiologique et pathologique. Notre laboratoire regroupe la plupart des immunologistes chercheurs, enseignants-chercheurs et cliniciens, du campus de Bordeaux.

Notre activité de recherche est structurée en 4 axes :

Le système immunitaire est dédié à préserver l’intégrité de l’hôte. Lorsque celui-ci est menacé par des pathogènes environnementaux ou par une croissance anormale ou encore par différents stress, différents types de défense se mettent en place, afin de rétablir l’état d’équilibre. Cependant, les micro-organismes infectieux ont développé des stratégies leur permettant d’échapper à cette réponse immunitaire. De même, le développement d’un cancer résulte en partie d’une immunosuppression induite par la tumeur elle-même, ayant pour conséquence un échappement à l’immunosurveillance anti-tumorale.

A l’opposé, dans le cas des maladies auto-immunes, le système immunitaire lui-même subit un disfonctionnement. Sa suractivation semble liée à des facteurs génétiques et/ou environnementaux encore mal connus. Dans les situations de transplantation d’organes ou de greffe de cellules souches, une activation immunitaire incontrôlée a pour conséquence la destruction du greffon et le rejet de greffe.

Dans toutes ces situations, les lymphocytes T, grâce à leurs fonctions effectrices et régulatrices, sont des cellules clés pour soit maintenir l’intégrité de l’organisme, soit augmenter la pathogénicité.
Par conséquent, la modulation de l’activation des cellules T est d’un intérêt particulier pour la prévention et la prise en charge de maladies diverses telles que le cancer, les infections, les maladies auto-immunes, le rejet de greffe ou la réaction du greffon contre l’hôte.

L’objectif principal de notre équipe depuis des années est de comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires conduisant à l’activation des lymphocytes T, aussi bien dans les conditions normales que pathologiques. Les membres de notre équipe ont développé des outils, une expertise et des collaborations nationales et internationales particulièrement autour des lymphocytes T gamma-delta, le rôle des lymphocytes T dans le cancer et dans les maladies auto-immunes.

ImmunoConcEpt - le danseur de paix - DL

“Le danseur de paix” – par dominik Lobera

Voici quelques exemples de transfert des résultats de la recherche vers la clinique ou l'industrie:

Quanti-HLAB est un projet en “maturation” à la SATT d’Aquitaine.

Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien, puis allez voir en page 2 de la brochure.

Le projet ACRONIM vise à améliorer la prise en charge des patients atteints de maladies inflammatoires, notamment au cours des stades précoces de la maladie.

Plus d’informations sur ACRONIM, ici.

ARIT est l’Association pour la Recherche en Immunologie et Transplantation

Objectifs de l’ARIT :

  • -Mettre en œuvre, réaliser et promouvoir tout la recherche, notamment toute recherche immunologique dans le domaine de la transplantation rénale, sous forme de prestations de service, toute action éducative et/ou informative destinée au corps médical et aux patients pour un meilleur diagnostic et une meilleure prise en charge globale de la greffe rénale.
  • -L’association étend ses activités aux malades et leur entourage pour améliorer et favoriser une bonne priss en charge de leur maladie et de leur traitement.

L’ARIT a été fondée en 2003. Les Pr. Lionel Couzi et Pr. Pierre Merville sont les actuels président et vice-président respectivement.

Association loi 1901.

Voici des interventions de membres d'ImmunoConcEpT dans les médias:

A l’occasion du 8ème Congrès International des cellules T gamma-delta, Radio Campus Bordeaux a invité Julie Déchanet-Merville et Maria Mamani Matsuda parler d’immunologie à l’antenne, lors de l’émission “Café Campus” du 27 juin 2018.

En écoute ici.

En amont du 5ème Congrès International sur la Sclérodermie systémique, France 3 Aquitaine a réalisé un reportage sur le sujet, avec notamment une interview du Dr. Marie-Elise Truchetet.

Voir la vidéo ici.

Maël Lemoine, philosophe de la médecine, a été invité en janvier 2018 par la librairie Mollat (Station Ausone, Bordeaux). Retrouvez la vidéo ici.

Retrouvez toutes les apparitions de membres d’ImmunoConcEpT dans les media et les conférences enregistrées de nos invités ici.

Lymphocytes T gamma-delta dans la réponse aux tumeurs et aux infections

Masque – par Marie-Désirée Smith

Notre équipe étudie certains globules blancs, les lymphocytes T, pour comprendre les mécanismes de leur activation et leur participation à la réponse immunitaire en cas d’infection virale ou de cancer.

Depuis une vingtaine d’années, nos recherches ont permis d’identifier le rôle protecteur antiviral d’une population particulière de lymphocytes T, appelés “ gamma-delta ”, dans la réponse à l’infection par le cytomégalovirus (CMV).

Si ce virus opportuniste, très répandu dans la population, passe généralement inaperçu chez les personnes en bonne santé, son infection peut en revanche devenir sévère pour les personnes aux défenses immunitaires affaiblies ou immatures. C’est le cas des infections chez le fœtus, avec à la clé de graves anomalies du développement.

En outre, le CMV est l’ennemi infectieux numéro 1 des transplantés ; cette infection virale est l’une des complications majeures chez ces patients du fait des traitements immunosuppresseurs antirejet. Des traite-ments antiviraux existent, mais leur toxicité reste problématique chez des patients déjà fragilisés par leur transplantation.

Or, nos travaux  ont montré que chez les patients transplantés qui présentent une bonne réponse des lymphocytes T gamma-delta contre le CMV, le virus est mieux contrôlé à long terme. Afin d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, notre équipe cherche à décortiquer les mécanismes moléculaires et cellulaires en jeu dans le rôle antiviral des lymphocytes T gamma-delta contre le CMV, à la fois chez des souris modèles et chez des patients ayant bénéficié d’une greffe de rein. Ceci est possible grâce à une collaboration étroite avec les services de transplantation rénale et d’immunologie du CHU de Bordeaux.
Notre équipe suppose en effet que les lymphocytes T gamma-delta constituent des marqueurs prédictifs de l’évolution de l’infection virale. Nous espérons confirmer cette hypothèse pour pouvoir, à terme, cibler les patients greffés à risque de développer une infection et leur proposer une prise en charge thérapeutique plus adaptée et personnalisée.

Pour aller plus loin….

Lymphocytes T dans l'activation des maladies auto-immunes systémiques

  • Quelques données épidémiologiques

    La sclérodermie systémique (ScS) est une maladie auto-immune rare mais grave, associant des phénomènes de dysfonctionnement du système immunitaire, une maladie vasculaire et une fibrose. L’expression de la maladie est hétérogène et sa sévérité est conditionnée par l’étendue de la fibrose cutanée et de l’atteinte des organes internes.

    La prévalence de la ScS varie, avec une disparité importante entre les régions et les pays. Elle est proche de 1/10000 habitants. Sur la population de l’inter-région cela représente environ 70 à 160 nouveaux cas nouveaux cas par an.

  • Pourquoi moi ? ou quels sont les mécanismes impliqués dans la survenue d’une SSc ?

    La ScS est une maladie multifactorielle. La piste génétique a été largement explorée et un sur-risque existe pour les parents du premier degré. Cependant avoir un jumeau même homozygote atteint de la maladie n’entraine un risque de développer la maladie que de 5% ce qui démontre l’importance d’autres facteurs et notamment les facteurs environnementaux.

    La silice a été incriminée et de nombreuses professions exposant particulièrement à cette poussière minérale peuvent être considérées comme étant à risque. Pour les solvants, le niveau de preuve d’une implication est bon également mais il existe certainement d’autres facteurs non encore identifiés et pour lesquels des études d’environnement exhaustives et soigneuses sont nécessaires.

    Les mécanismes de la ScS seraient donc sous-tendus par une interaction entre un patrimoine génétique de susceptibilité et un environnement spécifique, qui entraînerait une cascade d’événements biologiques. Le facteur déclenchant à proprement parler n’est pas clairement identifié.

  • Les symptômes

    Sur le plan clinique, les manifestations peuvent être divisées en 2 grandes catégories. La première est l’atteinte des vaisseaux qui peut se caractériser par ordre de fréquence par un phénomène de Raynaud, des ulcères digitaux, une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) et très rarement une crise rénale.

    Le phénomène de Raynaud est un trouble de la circulation du sang, qui peut toucher les doigts, les orteils mais aussi plus rarement le nez, la langue ou les oreilles. Il évolue par crises entre lesquelles les symptômes disparaissent plus ou moins complètement. Durant les crises, les doigts deviennent blancs et insensibles, puis bleus et gonflés, avant de devenir rouges et souvent douloureux puis de reprendre leur aspect normal. Les facteurs qui peuvent être à l’origine des crises sont un changement de température, l’exposition à l’humidité, les émotions, le tabac, les boissons caféinées. Chez 80 % des personnes qui présentent ce phénomène aucune origine n’est retrouvée. On l’appelle alors “maladie de Raynaud”. Cette maladie n’est pas grave mais a un retentissement sur la qualité de vie. Dans certains cas, le phénomène de Raynaud est associé à une pathologie ou à la prise de certains médicaments.

    Le phénomène de Raynaud secondaire peut alors annoncer la maladie en cause, comme par exemple dans le cas de la sclérodermie systémique. Il s’agit d’une maladie auto-immune qui se caractérise par l’association de problèmes vasculaires (blessures spontanées au bout des doigts, rigidification de certaines artères…) et d’une fibrose de la peau et parfois des organes internes comme les poumons. Il existe différentes formes de cette maladie, de la moins grave (et aussi la plus fréquente), sans aucun retentissement sur la vie quotidienne ou l’espérance de vie, à la plus sévère avec un risque important de handicaps. Dans tous les cas, il est capital de porter le diagnostic le plus tôt possible pour prévenir au maximum l’évolution de la maladie et le phénomène de Raynaud est dans ce contexte un signe avant-coureur majeur qu’il faut savoir interpréter.

    La seconde manifestation est la fibrose. Celle-ci se manifeste au niveau cutané mais aussi au niveau pulmonaire, cardiaque et digestif. De façon consensuelle, l’étendue de la sclérose cutanée permet de distinguer les principales formes de sclérodermie systémique: la forme limitée (pas d’atteinte cutanée), la forme cutanée limitée (une atteinte se limitant aux manchettes, chaussettes et visage) et la forme cutanée diffuse (une atteinte pouvant toucher tout le corps).

    L’étendue de l’atteinte cutanée n’a pas seulement un intérêt pour la classification, elle représente également un élément pronostique. Les formes où la sclérose cutanée est la plus diffuse sont généralement les plus sévères. Cependant elle ne permet pas à elle seule d’établir l’ensemble du pronostic de la maladie. En effet, le pronostic vital de la maladie est lié à certaines atteintes d’organes comme l’atteinte du cœur ou des poumons. L’atteinte digestive basse, notamment à type de malabsorption et de troubles de la motilité, est probablement sous-évaluée mais est très importante pour évaluer la gravité de la maladie mais aussi son retentissement sur la qualité de vie.

    Le pronostic est également fonctionnel notamment en raison de la fréquence de l’atteinte articulaire et des ulcères digitaux. Ces derniers représentent un coût médico-économique majeur en raison des hospitalisations prolongées et des incapacités fonctionnelles qu’ils engendrent. La limitation de l’ouverture buccale et l’altération de l’état buccodentaire peuvent également engendrer un handicap majeur.

    Enfin le pronostic est esthétique. Il peut s’agir d’une maladie affichante avec une atteinte précoce et fréquente du visage avec une modification de la qualité de la peau, l’apparition de plis radiés péribuccaux (rides autour de la bouche) ou de télangiectasies (petites tâches rouges vasculaires) parfois diffuses.

  • Le traitement

    Le traitement de la ScS est aussi hétérogène que la maladie elle-même et peut aller de la simple surveillance pour les formes les moins étendues à la greffe de cellules souches hématopoïétiques autologues pour les formes les plus graves ou rapidement évolutives. Cependant à l’heure actuelle aucun traitement curatif n’est disponible sur le marché. Toutefois de nouvelles molécules sont testées actuellement et la recherche est extrêmement active dans ce domaine, laissant espérer d’autres avancées dans les années qui viennent dans cette maladie qui tient pour le moment les médecins en échec.

    Les efforts sont mis pour le moment sur un diagnostic le plus précoce possible et une surveillance rapprochée pour essayer d’agir avant la constitution de lésions définitives.

  • Que faisons nous à Bordeaux pour la SSc ?

    Pour la sclérodermie systémique, il existe une coopération importante entre les médecins de différentes spécialités (rhumatologie, médecine interne, médecine vasculaire, dermatologie, pneumologie, cardiologie, imagerie thoracique, gastro-entérologie) toutes impliquées dans la prise en charge des malades.

    Nous faisons une réunion de concertation pluridisciplinaire une fois par mois en visioconférence sur les 3 sites et avec les centres hospitaliers de Pau et de Libourne pour discuter des dossiers les plus compliqués.

    Nous faisons une consultation pluridisciplinaire rhumato-dermato.

    Nous avons obtenu le centre de référence maladies auto-immune systémiques rares (pour notamment le lupus et la sclérodermie).

    Nous réalisons un programme d’ateliers d’éducation thérapeutique pour les patients.

    Nous avons mis en place une cohorte de patients depuis 2012, la cohorte VISS afin de mieux comprendre cette maladie complexe.

    Nous effectuons des travaux de recherche dans plusieurs laboratoires scientifiques en lien directement avec les prélèvements des patients et dans le but de mieux comprendre les mécanismes impliqués et de participer au développement de nouvelles molécules (UMR CNRS 5164, INSERM U1035).

    Nous travaillons en étroite collaboration avec l’association française des sclérodermiques (ASF) et réalisons plusieurs journées d’information pour les patients par an.

    Nous participons à plusieurs essais cliniques avec de nouvelles molécules en développement pour permettre à nos patients de bénéficier des dernières avancées dans le domaine.

    Nous développons un questionnaire d’environnement en collaboration avec le département de médecine du travail pour rechercher d’autres facteurs impliqués dans le déclenchement de la maladie.

     

    Surtout au sein de la Fédération Hospitalo-Universitaire ACRONIM nous travaillons en bonne intelligence et en étroite collaboration pour le bien être des patients.

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Pour aller plus loin…

Marie-Désirée Smith

Immunologie du cancer et immunothérapies

“Bleu dansé” par dominik Lobera

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Pour aller plus loin…

Analyse conceptuelle et théorique de l'activation immunitaire et des frontières biologiques

Notre groupe propose une réflexion interdisciplinaire sur les concepts, explications et modèles de la biologie actuelle, en particulier à travers notre projet ERC Starting Grant “IDEM”. Notre méthode relève de ce que l’on a appelé la “philosophie dans la biologie”, qui constitue une manière nouvelle de combiner les apports de la philosophie de la biologie, la biologie expérimentale et la biologie médicale. Nous travaillons prioritairement sur l’immunologie, mais également sur la microbiologie, l’évolution, la biologie des systèmes, la biologie du développement et la physiologie, parmi d’autres domaines.

Pour aller plus loin…

“Hancock” par Laura Rosenbaum

Merci pour leur soutien financier à...